La marine brésilienne demande 160 millions € pour éviter des retards dans la construction d’un sous-marin nucléaire brésilien

  • Dernière mise à jour le 15 mars 2026.

La marine brésilienne a demandé au gouvernement fédéral le déblocage d’environ 1 milliard de réaux (160 millions €) de financement supplémentaire afin d’éviter des retards dans le développement du premier sous-marin nucléaire brésilien, considéré comme le projet le plus ambitieux du Programme de développement des sous-marins (Prosub).

Selon la marine brésilienne, ce montant est indispensable au maintien du rythme actuel du programme de construction du sous-marin Álvaro Alberto, dont la mise en service est prévue aux alentours de 2037. Sans ce renforcement budgétaire, des aspects critiques du projet pourraient être partiellement suspendus, compromettant ainsi les délais et augmentant les coûts.

 Pressions budgétaires sur le programme

Le programme a bénéficié d’une avance de 1 milliard de réaux en décembre 2025, destinée à prévenir tout manquement aux contrats internationaux de Prosub, notamment avec le groupe français Naval Group, partenaire du Brésil pour le transfert de technologies navales.

Malgré l’investissement, le budget du projet reste sous pression. Une partie des ressources a déjà été utilisée pour garantir le paiement anticipé des contrats et maintenir le calendrier des activités industrielles et technologiques. Sans déblocage de nouvelles ressources, le projet risque d’être ralenti, voire interrompu, à des étapes essentielles.

 Impacts sur le calendrier et l’industrie

Parmi les domaines les plus sensibles figure le Laboratoire de production nucléaire-électrique (Labgene), en cours de développement au Centre expérimental d’Aramar, à Iperó (SP), où est construit le prototype terrestre du réacteur nucléaire qui équipera le sous-marin. Ce système est considéré comme le cœur technologique du projet.

Un manque potentiel de ressources pourrait également affecter les travaux du complexe naval d’Itaguaí (Rio de Janeiro), où sont en cours d’aménagement les installations industrielles et nucléaires nécessaires au sous-marin.

Outre l’impact matériel sur les travaux, les responsables militaires mettent en garde contre le risque de perte de main-d’œuvre hautement spécialisée, composée d’ingénieurs, de techniciens et de physiciens nucléaires impliqués dans le développement du projet. Si les activités sont interrompues, certains de ces professionnels pourraient se tourner vers d’autres secteurs industriels, ce qui entraverait la reprise du programme.

Référence :

Poder naval (Brésil)