D’ici 15 jours, la commission d’enquête parlementaire sur la « disparition, la recherche, et les opérations de secours du sous-marin ARA San Juan » présentera son rapport définitif. De façon unanime, les sénateurs, députés et techniciens argentins concluent que la première ligne de responsabilité se trouve au sein de la chaîne de commandement de la marine, à qui ils attribuent une « responsabilité directe dans la tragédie ».

Ils concluent aussi que, si le sous-marin n’était pas « en parfait état » et qu’il présentait « des manques », ces « déficiences » et « problèmes » ne sont pas en relation directe avec le naufrage qui a provoqué la mort des 44 membres d’équipage ou, au minimum, que cela n’a pas pu être démontré.

Les parlementaires rejètent toute responsabilité du Président argentin Mauricio Macri, commandant en chef des forces armées, et remettent même en cause la responsabilité politique objective du ministre de la défense, Oscar Aguad.

Sur le rôle joué par l’amiral Marcelo Srur, qui dirigeait alors la marine, il n’y a pas de coïncidences, bien qu’ils qualifient d’« inacceptables » certaines de ses décisions et conduites.

Au cours des dernier mois, les membres de la commission et ses experts se sont réunis pour analyser les témoignages et la documentation réunie durant un peu plus d’un an. A l’issue de cette analyse, ils assurent qu’il ne reste aucun doute sur les causes du naufrage, ses responsables directs et les recommandations nécessaires pour éviter sa répétition.

Selon les conclusions du rapport, les experts ont écarté toute responsabilité de l’équipage, et aussi toute défaillance technique préexistante qui aurait eu une relation directe avec le naufrage. Le naufrage trouve son origine dans des actions et des omissions de la chaine de commandement, depuis l’état-major des forces sous-marines jusqu’au chef d’état-major de la marine qui, par « ses actions inappropriées, loin de solutionner une situation critique dont il était informé par ses subordonnés, l’a laissé pourrir jusqu’à provoquer la perte du navire et de tout son équipage, » peut-on lire dans le rapport préliminaire.

Le rapport explique aussi que « les responsables directs ont été identifiés au seil de la chaine de commandement de la marine, qui auraient gravement manqué à leur devoir, comme des officiers supérieurs qui n’auraient laissé à l’équipage du San Juan que peu de possibilités d’éviter une situation gravissime d’incendie électrique dans les batteries par une mer déchaînée dans la nuit du 14 novembre 2017. »

Les fondements techniques du rapport seraient si solides qu’elles auraient mis en échec les vaines tentatives de ceux qui ont tenté de dissimuler la gravité d’un incendie électrique dans le local batteries, en l’appelant le « principe du feu », comme si seule devait être prise en compte l’importance du feu et non le lieu où il avait éclaté.

Les défaillances de la chaine de commandement

Dans le rapport, il apparait clairement que le commandement de la force sous-marine (COFS) « a géré de façon inefficace la situation critique dans laquelle se trouvait le sous-marin, dont il a été informé par la communication satellite reçue le 14 novembre à 23:42 ».

Le « COFS aurait dû interroger le San Juan sur la façon dont l’incendie électrique était “sous contrôle”, prenant en compte le fait que le sous-marin n’avait pas dit qu’il était “éteint”, que comme il se trouvait en surface, par mauvais temps, l’équipage ne pourrait entrer dans le local batteries pour évaluer les dégâts, qu’à 22:00, il avait donné sa position sans évoquer d’incendie et que donc, en 1:42, il n’y avait pas le temps suffisant pour détecter l’incendie, le combattre et l’éteindre vu que, en 1995, il avait fallu 2 jours pour éteindre un incendie similaire avec la participation de presque tous les pompiers de Mar del Plata. »

Le rapport indique qu’il était dangereux d’autoriser le sous-marin à plonger vu que « les sinistres doivent être contrôler et éteints en surface comme l’établit clairement le rôle d’incendie. »

Les sénateurs et députés concluent en expliquant qu’il restera toujours un doute sur l’origine de l’incendie et sur l’état de la vanne E-19, par laquelle de l’eau de mer aurait pu entrer, ce qui aurait provoqué un court-circuit dans les batteries et donc l’incendie. En effet, il ne reste aucune trace de l’épreuve d’étanchéité subie pendant 48 heures avant l’appareillage d’Ushuaïa, ni des carnets d’entretien et de réparation, puisqu’ils se trouvaient tous à bord.

Référence :

Info BAE (Argentine)