La marine chilienne connait actuellement une situation critique, au milieu du débat sur ses responsabilités sur la non-anticipation du tsunami du 27 février dernier. Voici qu’apparaissent maintenant des informations qui laissent penser que son commandement ne se préoccupe pas de ses bâtiments et sous-marins.

Une Ciper Chile a permis de découvrir la crise interne que connait la marine chilienne. Malgré de nombreuses questions posées aux différentes autorités compétentes, il a été impossible d’obtenir une version concordante et unique qui permette de savoir ce qui est arrivé au sous-marin chilien Carrera — un des 2 sous-marins Scorpène achetés par le Chili — durant la matinée du 27 février. La seule chose claire, c’est que son équipage est parvenu à suivre les procédures prévues pour ce type de situation d’urgence : prendre la mer, et que, durant cet appareillage, une des vagues qui ont dévasté Talcahuano, l’a emporté.

Selon Ciper, "à partir de là, les témoignages se contredisent. Certains assurent qu’il a heurté le quai du bassin ; d’autres, contre une digue, et il y en a même qui parlent d’autres installations portuaires".

A Santiago du Chili, circule même une version selo laquelle le Carrera aurait heurté son jumeau, le O’Higgins, ce qui est démenti avec plus de force au fur et à mesure qu’on pose la question à des échelons élevés. Les réponses recueillies par Ciper n’ont pas permis d’éclaircir la question et ont même répété la confusion précédente.

Le cas du Carrera montre l’extrême réserve avec laquelle la marine gère l’impact stratégique du désastre sur ses capacités opérationnelles. Selon des échelons élevés du secteur de la défense, les déclarations du ministre Jaime Ravinet le 24 mars, selon qui le pays restait “vulnérable” à une attaque extérieure, n’ont pas aidé. Bien qu’on insiste pour déclarer que ce risque n’est pas réel, dans le même temps, la marine chilienne se préoccupe de récupérer dès que possible, non seulement sa capacité opérationnelle, mais aussi dissuasive.

Jusqu’à présent, le sort des sous-marins chiliens touchés est très confus.

Dans la matinée du 27 février, se trouvaient dans la base navale de Talcahuano, les sous-marins Carrera et O’Higgins (classe Scorpène), Simpson et Thompson (des U-209 plus anciens que les Scorpene). Sans parler du sous-marin équatorien Shyri (classe U-209) qui était en grand carénage.

Comme il a été dit précédemment, aucun témoignage ne permet de lever les doutes. Le 4 mars, le journal El Mercurio a par exemple indiqué que le sous-marin “avait touché le fond puis était revenu à la surface”. Le lendemain, un autre journal, La Tercera, annonçait qu’il “n’avait eu aucun dégât” sur les bâtiments situés à Talcahuano. Le 7 mars, l’amiral González, commandant en chef de la marine chilienne, précisait que le Carrera avait “réussi à appareiller en urgence, avait été pris par la 2è vague du tsunami et qu’il avait été emporté dans la darse. Ensuite, dans un geste héroïque, il a été remorqué”.

Le 28, le vice-amiral Niemann, chef de l’état-major général, précisait qu’il avait heurté une barge à la dérive et que sa proue était endommagée, mais qu’il n’y avait “aucun risque pour le sous-marin”. Enfin, le 28 mars, des membres de l’équipage du Carrera ont raconté les faits à El Mercurio. Selon eux, le sous-marin a d’abord touché le fond. Puis la 1ère vague l’a soulevé et emporté dans les darses du port. Là, “nous étions secoués dans tous les sens et nous heurtions plein de choses”, ont-ils expliqué. Finalement, ils ont ajouté qu’ils avaient heurté une barge flottante. Au minimum, à 4 reprises.

Sur l’état du sous-marin, certaines autorités comparent ce qui s’est produit à “une voiture cabossée, mais il reste opérationnel”. Mais d’autres reconnaissent la possibilité que les dégâts rendent nécessaires une réparation qui dure des années. “Et sur les 2 Scorpene, c’était celui qui était en meilleur état”, ajoute un interlocuteur. Sur le O’Higgins, il a été dit qu’il avait réussi à prendre la mer sans problèmes.

En ce qui concerne les autres sous-marins, le Simpson n’a rien pu faire puisqu’il se trouvait en réparations dans une cale sèche. Il s’est retrouvé échoué sur un quai, ses dégâts n’ont pas été précisés et il a seulement été indiqué qu’ils étaient “légers”.

D’autre part, le sous-marin équatorien Shyri se trouvait en réparations. Bien que certaines sources indiquent qu’il n’a subi aucun dégât, d’autres disent tout le contraire. Y compris que le tsunami ait emporté certaines pièces qui avaient été démontées pour être réparées.

Référence :

CIPER (Chili)