Les sous-marins nucléaires d’attaque de nouvelle génération de la Royal Navy seront équipés de tubes de lancement verticaux

  • Dernière mise à jour le 24 mars 2026.

Un nouveau programme de soutien américain approuvé pour le programme SSN-AUKUS a effectivement confirmé que les sous-marins d’attaque de nouvelle génération de la Royal Navy et de la Royal Australian Navy seront équipés de cellules de lancement vertical.

Ce détail, figurant dans une notification américaine de ventes militaires à l’étranger (Foreign Military Sales : FMS), fournit l’une des indications les plus claires à ce jour sur l’armement des futurs sous-marins. La notification expose une demande britannique de grande envergure en matière d’assistance technique, d’équipements et de personnel embarqué pour soutenir le développement du système de combat sous-marin. Parmi les éléments les plus importants, on note le soutien aux « tubes de lancement vertical spécifiques à l’AUKUS » et aux « lanceurs d’armes communs », ce qui indique clairement l’intégration de cellules de lancement vertical dans la conception.

Cela représente une rupture avec les pratiques actuelles de la Royal Navy. Les sous-marins de la classe Astute lancent des missiles de croisière Tomahawk via des tubes lance-torpilles de 533 mm (21 pouces), partageant le compartiment de stockage d’armement avec les torpilles lourdes. Cependant, les anciennes versions du Tomahawk utilisées par le Royaume-Uni ne sont plus produites, ce qui souligne la nécessité d’adopter une nouvelle architecture de lancement. Les systèmes de lancement vertical augmentent non seulement le nombre d’armements embarqués, mais libèrent également de l’espace dans le compartiment de stockage d’armement, permettant ainsi aux sous-marins d’embarquer des torpilles (ou des mines) supplémentaires.

L’adoption probable du module de charge utile Virginia (VPM : Virginia Payload Module) de l’US Navy, ou d’un dérivé proche, annonce une amélioration significative du potentiel de frappe. Le VPM est constitué de tubes verticaux de grand diamètre, chacun contenant sept cellules capables d’accueillir des armes de frappe. Ces tubes peuvent embarquer des missiles de croisière ou hypersoniques, ainsi que d’autres charges utiles telles que des véhicules sous-marins autonomes (UUV) de taille moyenne ou des capteurs de fond marin.

La capacité de lancement vertical permet d’embarquer des charges utiles d’un diamètre supérieur à la limite de 533 mm de diamètre imposée par les tubes lance-torpilles, élargissant considérablement les possibilités futures. Ceci est particulièrement pertinent, car la Royal Navy et la Royal Australian Navy recherchent des armes de frappe à longue portée capables de pénétrer les systèmes d’interdiction d’accès et de zone. La capacité de produire de tels effets furtivement depuis des sous-marins constitue un puissant moyen de dissuasion conventionnelle face à des adversaires de même niveau.

L’US Navy a déjà progressé dans cette voie, convertissant quatre anciens sous-marins lanceurs de missiles balistiques en SSGN équipés d’un grand nombre de cellules de lancement vertical. À mesure que ces bâtiments sont retirés du service, leur puissance de feu est partiellement remplacée par l’introduction des tubes lance-torpilles Virginia (VPT) sur les sous-marins de la classe Virginia et des tubes lance-torpilles Virginia PM (VPM), plus grands, sur les sous-marins du Block V.

L’ajout d’une section de coque pour loger le système de lancement vertical (VLS) explique en partie l’augmentation de la taille, de la complexité et du coût du SSN-AUKUS. Il est également probable qu’il empêche l’installation d’un abri anti-sous-marin, actuellement disponible en option sur les sous-marins de la classe Astute. Théoriquement, les tubes VPM peuvent être adaptés en sas de plongée, facilitant ainsi les opérations des forces spéciales. Le nombre de modules qui équiperont le SSN-AUKUS reste incertain, mais il résultera probablement d’un compromis entre le coût et la capacité de frappe souhaitée.

Cette standardisation présente également des avantages stratégiques. L’Australie, déjà fortement dépendante des armements américains, bénéficierait d’une logistique et de stocks partagés sur des bases comme Guam ou Perth. Pour le Royaume-Uni, la compatibilité avec les systèmes de lancement américains pourrait également faciliter l’intégration de futurs armements, notamment une version sous-marine du missile Stratus (Future Cruise and Anti-Ship Weapon), développée conjointement avec la France.

Le programme FMS, dans son ensemble, comprend également un système tactique fédéré de guerre sous-marine, s’appuyant sur une infrastructure informatique de pointe, des outils de simulation et du personnel américain et britannique embarqué. Le système de contrôle de combat sous-marin AN/BYG-1 de General Dynamics devrait constituer l’élément central du SSN-AUKUS, même si la possibilité d’intégrer des capteurs et des armements majoritairement européens sera conservée. L’AN/BYG-1 est un système à architecture ouverte déjà en service sur les SNA de l’US Navy et les sous-marins classiques de classe Collins de la Royal Australian Navy.

La notification FMS au Congrès révèle que l’ambition du programme a considérablement augmenté, passant d’un budget initial de 40 millions de livres sterling (50 millions de dollars) à environ 800 millions de livres sterling (1 milliard de dollars), reflétant son ampleur et sa complexité croissantes. Si de nombreux aspects du SSN-AUKUS restent confidentiels, la confirmation de sa capacité de lancement vertical témoigne clairement de ses intentions. Les futurs sous-marins d’attaque de la Royal Navy sont conçus avec une capacité de frappe et une flexibilité nettement supérieures, en parfaite adéquation avec les concepts de l’US Navy.

Référence :

Navy Lookout (Grande-Bretagne)