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La Russie, qui s’est retirée de l’appel d’offres lancé par l’Inde pour la construction de 6 sous-marins à propulsion classique (le Projet-75I), a informé l’Inde qu’elle ne pourrait toujours pas participer au projet. Le qualifiant d’irréaliste, un haut-responsable russe a déclaré lundi que, sans d’importants changements, le processus ne pourrait pas avancer.
« Les spécifications indiquées dans l’appel d’offres exigent des échéances très strictes et placent beaucoup de responsabilités sur le concepteur. Dans le même temps, le concepteur n’a aucun contrôle sur la construction qui se déroule en Inde, » a déclaré Andrey Baranov, directeur adjoint du bureau d’études Rubin. « Nous sommes les premiers à avoir quitté le projet, et la France a pris la même décision, » a-t-il souligné.
Expliquant que le projet était très bien en ce qui concerne le design, M. Baranov a indiqué que c’est la construction en Inde qui pose problème : « ce n’est pas bon, et donc rien ne va se passer. Sans d’importants changement, rien ne se passera, » a-t-il déclaré.
Ce projet militaire est le premier à appliquer les nouvelles procédures de “partenariat stratégique”. Depuis son lancement, le ministère indien a dû repousser plusieurs fois l’échéance pour soumettre des réponses. La nouvelle date a été fixée à décembre prochain. La marine indienne a de son côté tenté d’obtenir du ministère l’assouplissement de certaines spécifications, qui empêchent la plupart des concepteurs de soumettre une offre.
La principale inquiétude est que les spécifications fixées par la marine indienne et les dispositions particulières ne correspondent pas, explique M. Baranov. Il précise que la marine indienne voudrait un transfert de technologies, avoir un sous-marin moderne, discret, avec des missiles, et ainsi de suite. Et dans le même temps, elle exige que seuls des types de sous-marins déjà navigants lui soit proposé. Or, aucune marine au monde ne dispose de ce type de sous-marins. Il s’agit donc du développement d’un sous-marin entièrement nouveau, a-t-il souligné.
M. Baranov note que la principale disposition de l’appel d’offres est que la construction aura lieu en Inde, et que si les échéances ne sont pas respectées, « les pénalités seront très élevées ». « Nous avons expliqué depuis le début que construire le premier sous-marin d’un nouvelle classe est impossible selon le calendrier prévu, » a-t-il expliqué. « Lors de la construction d’un premier de série, il y a beaucoup de problèmes, ce qui est naturel dans le processus de développement. »
L’appel d’offres avait été lancé en juillet 2021, avec un délai de 3 mois pour répondre. Depuis, l’échéance a été repoussée à plusieurs reprises.
L’une des dispositions qui empêche la plupart des concepteurs de sous-marins de participer au projet est qu’ils doivent proposer un module de propulsion anaérobie “opérationnel”. Or, à ce jour, seuls l’Allemagne et la Corée du Sud peuvent techniquement respecter ce critère, expliquent des sources officielles.
De plus, la plupart des concepteurs ont exprimé des réserves sur le calendrier prévu, l’étendue des transferts de technologies, et surtout sur les garanties des parties tiers (les concepteurs seraient responsables des garanties sur des travaux exécutés par les chantiers indiens).
Times of India
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