L’Inde et l’Allemagne sur le point de conclure un accord de 8 milliards de dollars pour la construction de sous-marins

  • Dernière mise à jour le 9 janvier 2026.

L’Allemagne et l’Inde finalisent actuellement les détails d’un accord de fabrication de sous-marins d’une valeur d’au moins 8 milliards de dollars — le plus important accord de défense jamais conclu par New Delhi, selon des responsables ayant une connaissance directe des détails.

L’accord, négocié avant la visite du chancelier Friedrich Merz dans ce pays d’Asie du Sud la semaine prochaine, inclurait pour la première fois un transfert de technologie pour la production de sous-marins, ont indiqué les sources.

Thyssenkrupp Marine Systems GmbH et le constructeur naval indien public Mazagon Dock Shipbuilders Ltd. travailleront ensemble à la fabrication des navires, ont déclaré les personnes qui ont demandé à ne pas être nommées car elles discutaient d’informations confidentielles.

Merz, lors de sa première visite en Inde, rencontrera le Premier ministre Narendra Modi pour des entretiens dans l’État du Gujarat, dans l’ouest de l’Inde, lundi, avant de s’envoler pour le centre technologique de Bengaluru afin de rencontrer des entreprises allemandes, a déclaré un porte-parole du gouvernement allemand.

Les deux pays devraient renforcer leur coopération dans les secteurs pharmaceutique et de la défense, selon des sources proches du dossier. Merz prévoit également de profiter de ses entretiens avec Modi pour accélérer les négociations plus larges entre l’Union européenne et l’Inde en vue d’un accord de libre-échange.

Il s’agira du premier voyage à l’étranger de Merz accompagné d’une importante délégation de PDG allemands. Le chancelier devrait se rendre en Chine avec une autre délégation d’entreprises dans les prochaines semaines, bien qu’aucune date n’ait encore été fixée avec Pékin.

Les nouveaux sous-marins seront équipés de systèmes de propulsion anaérobie, ce qui augmentera leur autonomie et leur permettra de rester immergés plus longtemps qu’avec une propulsion diesel-électrique, ont indiqué les mêmes sources. Ces bâtiments renforceront la capacité de New Delhi à surveiller les vastes eaux de l’océan Indien, alors que la Chine y affirme sa présence.

Un porte-parole de Thyssenkrupp Marine Systems s’est refusé à tout commentaire. Le ministère indien de la Défense et le ministère des Affaires étrangères n’ont pas immédiatement répondu à notre demande de commentaires.
Cet accord témoigne d’un renforcement des liens de défense entre les deux pays et s’explique par plusieurs facteurs.

New Delhi encourage depuis longtemps les fabricants d’armement internationaux à nouer des partenariats et à partager leurs technologies avec les entités indiennes afin d’accroître la production d’armements sur le territoire indien. En 2020, le gouvernement Modi a bloqué l’importation de la plupart des plateformes de défense, notamment les avions de chasse, les hélicoptères, l’artillerie et les navires de guerre, afin d’inciter les fabricants d’armes étrangers à délocaliser leurs chaînes de production en Inde.

Malgré cela, l’Inde demeure le deuxième importateur mondial de matériel militaire, s’approvisionnant principalement auprès de la Russie, selon l’Institut international de recherche sur la paix de Stockholm (SIPRI), un groupe de réflexion international qui suit les achats d’armements.

L’industrie de défense allemande a connu une forte accélération après l’invasion russe de l’Ukraine. La décision de Berlin de partager sa technologie pour fabriquer l’une des plateformes militaires les plus complexes vise également à réduire la dépendance de l’Inde vis-à-vis de la Russie en matière d’armement, ont indiqué les sources.

Référence :

Economic Times (Inde)