Bien qu’il n’y ait pas eu d’attaque de pirates (…)
Du 11 au 24 avril 2015, plus de 14 000 hommes déployés, (…)
Une pluie diluvienne balaie la place Sénès ce lundi 27 avril 2015. Parmi les rares passants, quelques curieux passent la tête par la porte de l’hôtel de l’Intendance. Sont rassemblés dans le hall de ce bâtiment historique, militaires et anciens combattants venus honorer sous la présidence du VAE Coindreau, commandant la Force d’Action Navale, la mémoire des 684 disparus du croiseur-cuirassé « Léon Gambetta » le 27 avril 1915.
Le récit de ce torpillage illustre la participation de la Marine à la Première guerre Mondiale. Chargé de patrouiller dans le canal d’Otrante, entre l’Italie et l’actuel Montenegro, le « Léon Gambetta » avait pour mission de maintenir la flotte austro-hongroise en mer Adriatique pour sécuriser les convois alliés en Méditerranée. Cette stratégie de blocus naval fut remise en question par la mise en service de sous-marins ennemis depuis le port de Polla. Le « Jean Bart » fut le premier touché mais parvint à regagner Malte pour y être réparé. Le « Léon Gambetta » n’aura pas cette chance…
Dans son discours à la mémoire des 684 membres d’équipage disparus, le CRG2 Bourrier, chef du GSBdD de Toulon a souligné le courage des marins, leur sens du devoir et de l’abnégation lors du torpillage de leur bâtiment. Certains rescapés restèrent plus de 12 heures en mer avant d’être secourus par les Italiens de Santa Maria di Leuca. La citation reçue parue au J.O. le 06 août 1915 illustre les circonstances de la disparition du croiseur le 27 avril 1915 : « Frappé de deux torpilles dans la nuit du 27 au 28 avril 1915, a sombré en un quart d’heure sans espoir de secours, ayant été privé de ses moyens d’appel. Tout son état-major et la plus grande partie de son équipage ont péri, donnant un magnifique exemple de sang-froid et de calme devant la mort. »
Un siècle plus tard, le VAE Coindreau, le CRG2 Bourrier, la ville de Toulon et le Souvenir Français ont procédé à un dépôt de gerbes suivi d’une minute de silence devant la stèle de l’Amiral Sénès sur la place du même nom à Toulon. L’aviso « Commandant Birot » a également procédé au lancement d’une gerbe en mer sur le lieu du naufrage et à une minute de silence à la chapelle des français de Santa Maria di Leuca en Italie. Cette tragédie fut éclipsée quelques jours plus tard par le naufrage du « Lusitania » mais la mémoire de ces marins morts pour la France vit au-delà du temps…
Source : Marine Nationale (CECMED)
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