Amarré à Brest depuis la fin de son ultime mission le 26 (…)
Un sous-marin en plongée est peut-être le dernier (…)
En 2003, le gouvernement portugais a considéré que les sous-marins Daphné de la marine étaient obsolètes. Lorsqu’il a donc lancé un appel d’offres pour en acheter de nouveaux, il a exigé que, pendant que ceux-ci étaient construits, les constructeurs fournissent un ou 2 sous-marins provisoires. Le constructeur allemand a fait la meilleure offre, mais ne l’a pas respectée.
Ni le constructeur allemand, ni les responsables publics portugais impliqués dans les négociations n’ont donné la moindre explication.
La marine portugaise a fini par donner des informations qui ont permis de conclure que l’exigence des sous-marins provisoires, décidée par le gouvernement portugais en 2003, avait bien été mentionnée dans le contrat signé en avril 2004. Ainsi, le contrat pourrait ne pas avoir été respecté.
Le contrat, par lequel le Portugal s’est engagé à payer 1 milliard € au consortium German Submarine Consortium (GSC), n’a pas été rendu public. La marine portugaise a en particulier refusé de dire si ces 2 sous-marins provisoires auraient été utiles, au cours des dernières années, en attendant que les 2 nouveaux sous-marins soient “totalement opérationnels”, comme promis par le GSC.
Le Delfim et le Barracuda, derniers survivants d’une escadrille de 4 sous-marins construits en 1967, ont été désarmés en 2005 et en janvier dernier. On ignore si, auparavant, ils avaient conservé une capacité opérationnelle effective. Il s’agit d’une information “confidentielle”, se justifie la marine qui, le mois dernier en Allemagne, a effectué la “réception provisoire” du premier des nouveaux sous-marins. Celle du second est prévue en 2011.
Officiellement, l’histoire commence le 15 avril 2003, lorsque le conseil des ministres portugais adopte la résolution suivante :
“Les 2 sous-marins actuellement utilisés par la marine portugaise étant en fin de vie, il est fondamental, à la fois pour la formation et pour le maintien des qualifications des personnels qui les mettent en œuvre, que le futur adjudicataire mette à disposition ou loue, pendant la durée de construction des sous-marins à acheter, un ou 2 sous-marins pour une utilisation provisoire par la marine portugaise.”
Les propositions finales, du GSC et de son concurrent français DCN- I, ont été ouvertes le 3 juin — moins de 3 mois après cette exigence. Selon la résolution du conseil des ministres du 6 novembre, qui décidait d’attribuer le contrat à GSC, DCN-I ne proposait qu’“un sous-marin pour une utilisation provisoire par la marine”.
Le GSC, constitué par HDW, Ferrostaal et Thyssenkrupp, promettait beaucoup plus : “2 sous-marins totalement opérationnels de la classe U-206 A”, mais aussi la “fourniture d’un appui logistique pendant la phase transitoire d’utilisation de ces 2 sous-marins par la marine portugaise ; la mise à disposition d’un ensemble de torpilles de technologies les plus modernes en service (DM2A3) ; le soutien à l’entraînement à terre et en mer au Centre naval allemand d’entraînement à Eckernforde ; et la fourniture du savoir-faire et de l’expérience pour la création d’un système logistique intégré”.
Deux semaines après l’ouverture de l’offre de GSC, elle était confirmée par le ministre allemand de la défense, Peter Struck, dans une lettre remise à son homologue portugais, Paulo Portas, qui mettait en lumière une curieuse intervention du gouvernement allemand pour soutenir les entreprises privées du GSC.
Du reste, le ministre reconnait des négociations préalables avec ce consortium. Surtout, quand il écrit que la marine allemande pourrait céder 2 sous-marins au GSC, pour que ceux-ci soient mis à disposition de la marine portugaise.
Dans la résolution du conseil des ministres de novembre 2003, on peut lire que la question des sous-marins provisoires n’a pas été “pris en compte” dans l’évaluation des propositions des différents concurrents, parce qu’elle n’était pas prévu dans les critères de l’appel d’offres lancés en 1998.
Pourtant, le gouvernement portugais indique clairement que les concurrents étaient “liés par les termes qui définissaient cet aspect de leurs propositions”.
Rappelons aussi que le consortium allemand a modifié le type de sous-marin proposé, après l’ouverture de l’offre. Alors qu’il proposait 2 U-209 (version standard), les caractéristiques des sous-marins sont désormais très semblables à celles du U-214, opportunément rebaptisé U-209 PN, pour éviter les éventuels recours judiciaires.
Source : Jornal de Notícias (Portugal)