Firefox, le navigateur surdoué

  • Dernière mise à jour le 20 décembre 2004.

Un vent de changement souffle sur les eaux stagnantes de la navigation internet. La version finale du navigateur Firefox, qui vient de sortir, entame pour la première fois l’hégémonie quasi totale d’Internet Explorer sur le marché !

La guerre des navigateurs va-t-elle recommencer ? Il y a quelques années, l’intégration du navigateur Internet Explorer au système d’exploitation Windows a permis à la société Microsoft d’anéantir Netscape, pionnier des navigateurs et principal rival. La firme américaine affichait nettement sa position de leader avec 95,5% de parts de marché en juin 2004 (source Web Side Story). Firefox vient de bouleverser la donne. Il contribue à ramener ce chiffre à 92,9%, s’accaparant 6% des utilisateurs. C’est la première fois depuis huit ans qu’Internet Explorer marque le pas. Conséquence visible de cette domination : depuis la version 5.5 en 1999, aucune évolution sérieuse du logiciel n’est apparue.

Le navigateur est le premier lien entre l’internaute et le réseau internet, au même titre que les enseignes de la grande distribution sont l’interface entre le consommateur et les produits. L’enjeu est donc de taille. Les méthodes utilisées par les navigateurs pour orienter l’usager sur le web sont nombreuses : page de démarrage définie par défaut, moteur de recherche intégré ou favoris préinstallés. A l’instar de la société Apple et de son navigateur Safari, développé pour s’affranchir de Microsoft, Firefox apporte des innovations simples mais attendues par beaucoup d’internautes. Outre la navigation par onglets qui permet d’ouvrir un nombre illimité de sites dans la même fenêtre, le logiciel possède un filtre antipop-up installé par défaut. Fini les publicités intempestives surgissant sans votre accord alors que Microsoft assujettit cette fonctionnalité à l’achat de son dernier système d’exploitation (Windows XP SP2). La recherche Google (ou n’importe quel moteur de recherche de votre choix) intégrée à la barre d’outils évite également l’ouverture de fenêtres supplémentaires. La navigation gagne en précision et en clarté. Les pages se chargent vite, même avec une connexion lente. Autre évolution inédite, l’intégration des marque-pages dynamiques permet d’actualiser en temps réel l’indexation de vos sites préférés : la barre d’outils donne directement accès aux titres des actualités de votre site d’information. Enfin, l’automatisation des téléchargements et la personnalisation graphique de l’interface contribuent à l’impression d’aisance dégagée par l’ensemble.

 Imperméable aux virus

Microsoft, en raison de sa situation dominante, est la cible principale des virus et logiciels espions (spywares). Firefox leur échappe pour l’instant. Un avantage considérable quand on sait que de plus en plus de spécialistes conseillent d’éviter l’utilisation d’Internet Explorer pour cause de failles de sécurité. Le seul reproche que l’on pourrait adresser à Firefox découle de sa relative lenteur au démarrage. Contrairement à son concurrent, il ne se lance pas au même moment que le système d’exploitation. Quelquefois, certaines pages refusent de s’afficher normalement. C’est uniquement parce que les sites ne respectent pas à la lettre les standards du web. Une situation qui devrait évoluer.

 Développé par des bénévoles

Téléchargeable gratuitement sur de nombreux sites grand public (et sur www.mozilla-europe.org/fr), Firefox présente la particularité d’être Open Source. Après l’abandon de Netscape par le géant AOL en juillet 2003, les dirigeants ont décidé de rendre public le code source du programme. Un collectif d’une cinquantaine d’ingénieurs bénévoles a continué de le faire évoluer. Ils ont créé la Fondation Mozilla, permettant à Firefox de renaître sur les cendres de feu Netscape. Le lancement a été précédé d’une campagne publicitaire inédite dans le monde du logiciel libre. Grâce aux dons de milliers de sympathisants, Firefox s’est offert une page entière du New York Times. Deux millions d’internautes se sont procuré le navigateur dès la première semaine de son lancement. Si vous êtes lassés de certains désagréments occasionnés par le surf, pourquoi ne pas l’essayer ? Rapide à télécharger (5 Mo) et à installer, il est disponible pour Windows, Mac et Linux, en quinze langues. De quoi rétablir une concurrence salutaire avec Internet Explorer, dont l’usager devrait sortir bénéficiaire.

Source : Le Figaro