La possibilité que des marins indiens aient été présents (…)
Conçu par DCNS, le sous-marin du futur SMX 24 s’adaptera (…)
Il a fallu du temps, mais l’Union Européenne lance finalement sa première opération navale — une mission pour combattre la piraterie au large de la Somalie, une des zones maritimes les plus dangereuses au monde. Financièrement parlant, c’est une opération modeste — le coût est estimé à 8,3 millions € pour une année — mais en terme d’image de l’UE pour elle-même, ça peut faire une grosse différence.
Comme l’a déclaré cette semaine le ministre de la défense, Hervé Morin, “Cette opération est la preuve qu’une Europe de la défense commence à prendre forme.”
Il faut garder ici le sens des proportions. Pas plus de 6 navires, ainsi que quelques avions de patrouille maritime, devraient participer à la mission de l’UE. Certes, Bruxelles ne s’est pas construite en un jour.
De toutes façons, d’autres opérations n’ont pas obtenu de gros résultats non plus. Il y a la flotte de la Combined Taskforce 150, qui comporte de 12 à 15 navires dans l’océan Indien. Elle intervient parfois contre les pirates, mais s’occupe principalement des opérations anti-terroristes liées à la guerre en Afghanistan.
L’objectif de la mission de l’UE est en partie de protéger les navires qui transportent l’aide du PAM vers les populations déplacées en Somalie. Il est aussi de protéger d’autres navires vulnérables naviguant au large de la Somalie et d’empêcher de façon générale la piraterie et les vols à main armée.
Personne ne remet en cause le besoin urgent de cette mission. Selon le Bureau Maritime International, il y a eu plus de 60 actes ou tentatives de piraterie dans le golfe d’Aden et au large de la Somalie pour les 9 premiers mois de l’année — presque le tiers de tous les incidents enregistrés dans le monde.
La menace pour le commerce international est claire. Les primes d’assurance pour les navires qui doivent passer dans ces eaux ont explosé. Des armateurs disent que, si le danger augmente, les compagnies maritimes pourraient éviter toutes ensemble d’emprunter le golfe d’Aden et prendre la route plus longue par le cap de Bonne Espérance.
Un des problèmes est l’effondrement de l’état somalien, qui encourage le banditisme à grande échelle. Un autre est les rançons importantes payées aux pirates : là où il y a quelques années, elles se comptaient en dizaines ou centaines de milliers de $, cette année, elles ont augmenté à 2 millions minimum. Le paiement de rançons encourage la demande.
Les difficultés de la lutte contre la piraterie en Somalie sont indéniables. Une mission navale plus importante serait en théorie intéressante, mais trop chère en pratique. C’est pourtant ce qui pourrait arriver si le problème empire.
Source : Financial Times (Grande-Bretagne)