Taïwan a abandonné l’idée d’acheter des sous-marins classiques auprès des États-Unis et devrait se lancer dans un programme de construction locale, avec une assistance étrangère, indique un spécialiste de la défense.

Taïwan désire depuis longtemps renforcer sa flotte sous-marine, peu nombreuse et vieillissante. Ce projet avait été relancé en 2001, lorsque les Etats-Unis avaient proposé de fournir 8 sous-marins classiques pour un montant de 12 milliards $.

Mais les discutions semblant n’aller nulle part, en 2003, le Pentagone a suggéré que Taïwan envisage d’acheter des sous-marins d’occasion à l’Italie après une remise en état. Rome aurait accepté de vendre 4 sous-marins de la classe Sauro, puis 4 autres après leur désarmement par la marine italienne. Mais Taipei a rejeté cette offre, expliquant qu’il voulait des sous-marins neufs.

En raison des blocages politiques à Taïwan, de la volonté américaine de ménager Pékin et des pressions chinoises sur Washington, la vente ne s’est jamais réalisée.

Une autre difficulté avec cet accord, est que les États-Unis n’ont pas construit de sous-marin classique depuis les années 50.

Un spécialiste américain, Mark Stokes, indique que le ministère taïwanais de la défense a abandonné l’idée d’acheter des sous-marins auprès des États-Unis et a décidé de lancer un programme de construction locale avec une assistance étrangère.

Des sources militaires prétendent que des recherches pour la construction de sous-marins ont été lancées et que la marine taïwanaise cherche à acquérir le savoir-faire nécessaire à l’étranger.

Le ministère aurait chargé un chantier naval de passer un contrat avec un pays autre que les Etats-Unis, capable de construire des sous-marins, pour obtenir la coopération nécessaire à la construction de sous-marins classiques.

Le Naval Shipbuilding Development Center étudierait de près les plans des 2 sous-marins de la classe Hai Lung — les seuls sous-marins opérationnels de Taïwan —, qui ont été achetés aux Pays-Bas à la fin des années 80.

Les autorités navales se prépareraient à envoyer du personnel à l’étranger pour étudier les technologies de construction ou pour négocier les transferts de technologie pour la construction de coques épaisses, dont les sources indiquent qu’il s’agit de l’aspect le plus difficile dans la construction de sous-marins.

Dans un premier temps, la marine pourrait limiter son programme à la construction de petits sous-marins d’un déplacement de quelques centaines de tonnes.

Référence :

Taipei Times (Taïwan)