Les marines de l’OTAN ne se communiquent pas les zones de patrouille de leurs SNLE

  • Dernière mise à jour le 17 février 2009.

Afin de prévenir les abordages entre sous-marins, les marines de l’OTAN ont institué un système de réservation de zones. Chaque marine sait ainsi assez précisément où se trouvent les sous-marins des autres nations de l’OTAN.

Des spécialistes indiquent que cet épisode soulève des questions troublantes sur la sécurité des sous-marins nucléaires lanceurs d’engins parce qu’aucune des 3 nations de l’OTAN qui en possèdent ne partage leur position avec ses homologues. Ils ont expliqué que les accords sur “la gestion des zones de plongée,” qui prévoient que les nations de l’OTAN se communiquent la position des sous-marins en plongée, ne concernent pas les SNLE, les plus puissants et les plus protégés de tous.

Le ministère français de la défense ne semble pas avoir pris conscience immédiatement que son sous-marin, le Triomphant, avait heurté le sous-marin britannique, le H.M.S. Vanguard, dans la nuit du 3 février. Le 6 février, le ministère a publié un communiqué indiquant que le SNLE français avait “heurté un objet sous-marine,” qu’il a décrit comme étant probablement un conteneur à la dérive, et que le dôme sonar du Triomphant, situé à l’avant et indispensable pour localiser d’autres navires, avait été gravement endommagé.

La confirmation officielle de la collision n’est intervenue qu’après qu’un article sur l’incident ait été publié lundi dans le Sun, un tabloïd britannique. Des responsables français ont expliqué lundi qu’ils ne s’étaient rendus compte que le Triomphant avait heurté le sous-marin britannique, seulement après avoir envoyé des demandes d’information à d’autres marines — ce qui souligne le secret absolu que les alliés de l’OTAN s’imposent sur la localisation de leurs SNLE.

Selon Stephen Saunders, l’éditeur de Jane’s Fighting Ships, un équivalent britannique à Flottes de Combat, l’enquête doit couvrir un large éventail de questions techniques. Mais, a-t-il ajouté, le cœur du problème semble être procédural, aucun des 2 sous-marins ne sachant où se trouvait l’autre à cause de l’importance attachée à rester indétectable.

Lee Willett, du Royal United Services Institute de Londres, souligne que les alliés de l’OTAN seraient très réticents à partager des informations sur la localisation de leurs SNLE respectifs.

“Ce sont les joyaux de la couronne de la défense du pays,” a-t-il déclaré à l’Agence France-Presse. “Tout l’objectif d’une dissuasion nucléaire basée en mer est de cacher la localisation des sous-marins. Ce sont les outils ultimes de la survie de la nation dans l’éventualité d’une guerre. Par conséquent, c’est bien la toute dernière chose que vous voudriez partager avec qui que ce soit.”

Source : New york Times (Etats-Unis)