09°25’ sud : plus on se rapproche de l’équateur, plus (…)
Pendant son retour de patrouille, le SNLE Le Triomphant (…)
Les forces luttant contre la piraterie au large de la Somalie utilisent de nombreux moyens aériens et de surface pour détecter et dissuader les actes de piraterie. Elles s’appuient aussi sur les conditions météorologiques en raison de leur impact sur le nombre de tentatives d’attaques sur les navires de commerce naviguant dans le golfe d’Aden.
"Les prévisions météo sont présentées chaque jour à l’état-major à bord de l’USS Mahan, le destroyer qui assure le commandement de la CTF-151. C’est un élément crucial qui fait partie de notre planification opérationnelle et de l’évaluation des risques," explique le Cmdr. Steve Murphy, commandant du destroyer Mahan. "Les conditions météo ont aussi des effets sur d’autres activités maritimes – comme la pêche – et est surveillée de près pour évaluer l’impact sur les navires pirates."
A cette époque de l’année, la région se trouve généralement sous l’influence de hautes pressions qui entraînent généralement du temps calme, avec un ciel peu nuageux, des vents faibles et des températures qui restent aux alentours des 20°. La météo, comme la vitesse du vent, l’état de la mer, la visibilité, les tempêtes et la poussière, tout joue un rôle et détermine les conditions optimales pour la piraterie.
"Les pirates de cette région connaissent la météo et savent à quoi s’attendre. Ils en vivent. On pourrait dire que ça fait partie de leur travail," indique la météorologiste Angela Fleischer, à bord du Mahan. "Une météo parfaite pour la piraterie, c’est des vents faibles et une mer calme. Le mauvais temps empêche les pirates de prendre la mer, mais une bonne météo fait sortir les pirates et nous permet de faire notre travail dans la lutte contre la piraterie."
Les pirates naviguent généralement dans le golfe d’Aden, la mer Rouge, l’océan Indien et la mer d’Arabie dans de petites embarcations ou skiffs. Les skiffs leur permettent à la fois de naviguer à grande vitesse pour rattraper leur future victime et de se faire passer pour des pêcheurs inoffensifs lorsque c’est nécessaire.
Heureusement pour les navires de commerce et les autres cibles potentielles des pirates, même des vagues n’ayant d’un mètre de hauteur sont suffisantes pour empêcher la piraterie parce que les skiffs ne sont pas à l’aise par mer agitée.
Le contre-amiral Terry McKnight, commandant de la CTF 151, a expliqué que la météo peut être l’allié de la task force.
"Ces skiffs qu’ont les pirates ne sont pas beaucoup plus grands qu’un Boston whaler. Donc dès que la météo se dégrade, ils préfèrent rester à la maison et ne pas sortir," a-t-il indiqué.
La météo peut aussi influer sur la manière dans les forces accomplissent leur mission.
"La météo dans cette région a un impact direct sur l’accomplissement de la mission de lutte anti-piraterie," indique Fleischer.
Des vents forts signifient que des drisses plus résistantes sont nécessaires pour les pavillons, et qu’il faut faire plus attention lors des changements de route. Dans certains cas, les opérations de vol peuvent être retardées ou annulées, mettant l’état-major de la task force au défi de trouver d’autres moyens pour détecter ou dissuader les actes de piraterie.
"Le cap et la vitesse du bâtiment a une influence directe sur la force et la direction du vent apparent," explique Fleischer. "Naviguer à 15 nœuds dans la direction du vent qui souffle à 15 nœuds peut provoquer un vent de 30 nœuds sur le pont. Cela peut provoquer des annulations ou des retards dans les opérations de vol, et il peut être nécessaire de protéger les ponts extérieurs pour le personnel."
Des vents forts peuvent provoquer rapidement de fortes vagues, ce qui a un impact significatif sur les petites embarcations ou les embarcations à coque gonflables. Les équipes de visite utilisent des embarcations à coque gonflable ou rigide pour quitter le bâtiment en réponse à de possibles activités de piraterie.
Les orages ont aussi un gros effet sur les opérations embarquées. Pour éviter les blessures du personnel et des dégâts sur le matériel, le ravitaillement des navires ou des aéronefs n’est pas effectué lorsqu’un orage est en cours ou proche, et, sauf circonstances exceptionnelles, les aéronefs militaires ne décollent pas, n’atterrissent pas et ne volent pas dans les orages.
La poussière est aussi un élément commun de la météorologie dans la zone d’opérations. La poussière est emportée par les vents forts ou même par des tempêtes de sable. Elle peut parcourir de grandes distances et réduire parfois la visibilité à moins d’un nautique.
"Une fois que la poussière est dans l’air, elle peut rester en suspension pendant des jours, réduisant la visibilité normale et provoquant un halo brun ou orange sur l’horizon," précise Fleischer.
"La faible visibilité est une cause majeure d’inquiétude pour la sécurité du bâtiment. En haute mer, il y a toujours d’autres navires en mouvement. Si nous ne les voyons pas, il y a des chances qu’ils ne nous voient pas."
Dans toute la flotte, les opérateurs sont toujours désireux de connaître les conditions météorologiques actuelles pour prendre des décisions éclairées sur comment mieux accomplir leur mission. Pour les assister, la Strike Group Oceanography Team Norfolk a affecté temporairement des météorologues, comme Fleischer, dans les états-major de la CTF-151 et sur les navires de surface.
"Afin que le commandement puisse prendre des décisions éclairées pour une mission réussie, ils ont besoin de prévisions météo précises et rapides," explique la météorologue Annalyn Lawe.
Dans le golfe d’Aden, malgré les conditions météo régnant à cette époque de l’année, les forces stationnées au large de la Somalie ont obtenu des succès dans leur mission.
Source : US Navy