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Les dirigeants de l’US Navy ont été avertis l’an dernier que les nouveaux Littoral Combat Ships ne pourront pas accomplir les missions prévues parce qu’ils sont trop peu armés et que leur équipage est trop peu nombreux, selon un rapport confidentiel.
« Cette revue met en exergue l’écart entre les capacités des navires et les missions que la Navy aura besoin de faire exécuter par les LCS, » explique le rapport rédigé l’an dernier par le contre-amiral Samuel Perez. « L’impossibilité de faire correspondre les spécifications des LCS et leurs capacités aura pour conséquence la construction d’un grand nombre de bâtiments peu adaptés pour répondre » aux besoins en moyens de combat des commandants opérationnels.
Le rapport de 36 pages obtenu par Bloomberg News est loin des assurances données par les dirigeants de la Navy que le projet va conduire à un petit navire rapide et adaptable, destiné à patrouilleur dans les eaux côtières.
La revue de programme, demandée par le chef des opérations navales, l’amiral Jonathan Greenert, fait écho à ceux qui, au sein du Pentagone, attaquent le projet. Le rapport, qualifié de « brouillon confidentiel », estime que l’échange de matériels prévus pour différentes missions — les modules de mission prévus dans le projet — est impraticable, que la largeur du navire pourrait lui interdire l’accostage dans certains ports, et que la décision de poursuivre avec 2 versions différentes — un monocoque et un trimaran — va compliquer l’entretien et la logistique.
Pour l’amiral Greenert, « le rapport date d’il y a plus d’un an, et nous avons corrigé beaucoup de choses depuis. »
La clé du succès des Littoral Combat Ship sera de respecter l’objectif d’échanger — en moins de 96 heure — le module de missions du bâtiment : guerre des mines, lutte sous la mer et lutte contre la surface.
Le rapport confidentiel estime, cependant, que l’objectif de 96 heures ne représente pas la totalité du processus d’échange des modules de mission. L’horloge ne commence à tourner que le module et tout le nécessaire à son soutien est sur le quai, indique le rapport.
Or, dans le cas d’un des modules de mission, « réunir sur place tout le personnel nécessaire et le matériel adéquat pour procéder à l’échange pourrait prendre plusieurs semaines, » selon le rapport, et que ce processus « retirerait le LCS du combat tactique ».
Le concept de l’échange des modules d’équipement « n’a plus l’utilité tactique envisagée par les concepteurs originaux, » souligne le rapport.
Le rapport Perez recommande que la Navy abandonne son projet de n’avoir un équipage composé que de 40 marins, dont la mission est de faire naviguer le navire, parce que cela « constitue une part intégrante des problèmes d’accomplissement » de la mission attribuée au navire. Avoir un équipage si peu nombreux conduit à un environnement opérationnel « très fragile », selon le rapport.
« Les entretiens avec les équipages confirment des niveaux de fatigue dès le 3è jour de mer, » indique le rapport. « Le faible nombre de membres d’équipage a des impacts significatifs opérationnels et de sécurité, avec une dégradation notable de la préparation, des niveaux de performance et de qualité de vie de l’équipage. »
La Navy étudie les leçons à tirer du déploiement actuel de 8 mois de l’USS Freedom, à Singapour, en particulier sur le nombre de membres d’équipage.
Le rapport Perez insiste aussi sur les capacités de combat limitées du navire. La Navy a reconnu que les LCS sont actuellement construits avec le plus faible niveau de survivabilité, une décision approuvée par le Pentagone qui cherche à équilibrer les coûts et les performances.
Même dans son rôle de lutte contre la surface, quand tous les armements fonctionnent comme prévu, le LCS « ne peut que neutraliser » de petits navires d’attaque rapide et il « reste vulnérable face à des navires » équipés de missiles de croisière anti-navires d’une portée de plus de 8 km, selon le rapport Perez. L’Iran dispose de 67 navires de ce type, selon un tableau du rapport.
Le Littoral Combat Ship est « mal adapté aux opérations de combat contre n’importe quoi, sauf » de petites embarcations rapides qui ne sont pas armées de missiles anti-navires, conclut le rapport Perez.
De plus, la largeur de 32 m (au point le plus large) de la 2è version, un trimaran, « peut constituer un défi de navigation dans des eaux resserrées et des ports étroits, » selon le rapport.
Source : Bloomberg (Etats-Unis)